25/01/2016
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Origine des gliomes et des glioblastomes




L'évolution des bas grades vers l'anaplasie (III) ou glioblastome secondaire (IV)

Les glioblastomes peuvent se développer rapidement à partir d'anomalies génétiques des astrocytes et oligodendrogliomes. Ils sont dit "de novo" et apparaissent en majorité vers 60 ans. Ils peuvent également se manifester plus lentement en passant par plusieurs stades intermédiaires, bas grade ou grade II (50%) ou II et III (50%), on parle alors de glioblastomes secondaires, en majorité vers 45 ans.

Comprendre l'origine des gliomes par la migration de cellules souches depuis la zone sous ventriculaire et l'intéraction fluide cérébro-spinal et zone sous ventriculaire
Glantz M, Kesari S, Recht L, Fleischhack G, Un Van Horn
Département de neurochirurgie, Penn State Hershey Medical Center, Hershey, PA 17033-0859, USA. mjg@massmed.org

Le glioblastome multiforme est la plus fréquente des tumeurs cérébrales malignes primaires chez les adultes, avec un mauvais pronostic de survie médiane généralement inférieure à 1 an. Même si la chirurgie initiale retire la totalité de la tumeur, la récidive de la maladie est inévitable, généralement dans les 2 cm de la tumeur d'origine. Cela peut être dû à l'échec des thérapies actuelles pour éradiquer des cellules progénitrices néoplasiques, résistantes à la chimiothérapie et la radiothérapie qui peuvent alors repeupler les tumeurs. Un nombre croissant de données précliniques suggèrent que ces cellules correspondent à des cellules souches provenant de la zone sous-ventriculaire (SVZ), qui migrent vers les sites de la tumeur et contribuent à la croissance du gliome et à sa récurrence. Le ciblage thérapeutique de cette zone SVZ des populations de cellules souches via le liquide céphalorachidien (LCR) peut fournir un moyen de limiter les récidives tumorales. Cette approche a fait ses preuves dans le traitement du médulloblastome, une autre tumeur au cerveau dérivées de cellules souches. Nous discutons actuellement de la logique et des considérations pour concevoir un essai clinique visant à évaluer l'efficacité d'une thérapie dirigée vers le LCR pour prévenir les récidives de glioblastomes.
Août 2009, Pubmed n°19660679
L'original en ligne

Qu'est-ce que le cancer ?
Le cancer est une maladie qui affecte la croissance et la division cellulaire normales de certaines cellules de l'organisme. Les cellules sont les unités constitutives de tous les organes et tissus de l'organisme. La plupart des cellules peuvent se diviser et ainsi former deux cellules filles. Ces deux cellules filles vont ensuite se développer et atteindre la taille de la cellule mère. Ce processus de division cellulaire (ou mitose) est nécessaire pour remplacer les cellules usées ou les cellules perdues lors de lésions ou de maladies. L'organisme assure un contrôle strict de la division cellulaire ; cependant, pour diverses raisons complexes qui ne sont aujourd'hui que partiellement expliquées, il arrive qu'une cellule spécifique échappe aux contrôles de notre organisme. Ce phénomène est rare et va entraîner une multiplication anarchique de cellules, appelée tumeur. Les médecins qualifient la tumeur de maligne si elle a la faculté de migrer à distance ou si, en se développant, elle détruit les tissus sains environnants. Une tumeur ne remplissant pas ces conditions est moins dangereuse et est qualifiée par les médecins de tumeur bénigne. Le cancer est une maladie désignant la présence d'une ou de plusieurs tumeurs malignes dans l'organisme.Les facteurs génétiques.

Le glioblastome est un cancer du cerveau
Un glioblastome ou gliome malin est une tumeur maligne du cerveau provoquée par une multiplication anarchique des cellules gliales. Cette anarchie se traduit dans le nombre des cellules mais aussi dans leur structure.

Les causes du glioblastome
Dans la très grande majorité des cas, la cause des tumeurs cérébrales est encore inconnue. L'hypothèse est que des cellules normales subissent des altérations de certains gènes qui contrôlent normalement le cycle de division de la cellule. Il en résulterait une prolifération cellulaire non contrôlée. Il s'agit soit de l'activation d'oncogènes, soit de l'inactivation de gènes suppresseurs de tumeurs. Le mécanisme exact à l'origine de ces altérations n'a pas encore été élucidé. A de très rares exceptions près les tumeurs cérébrales ne sont pas héréditaires. De même, il n'a pas été établi à ce jour de relation entre tumeurs cérébrales et facteurs environnementaux (en particulier lignes à haute tension, téléphone portable, pesticides...). A l'heure actuelle, il n'existe aucun moyen permettant d'anticiper ou d'empêcher l'apparition d'une tumeur cérébrale. Il n'y a aucun risque de contagion.

Une altération génétique
La division cellulaire est contrôlée par deux types de gènes, suivant le type de protéine qu'ils expriment. Les uns -appelés oncogènes- codent pour des effecteurs du cycle cellulaire: facteurs de croissance, récepteur des facteurs de croissance ou toute autre molécule qui va transmettre au noyau de la cellule un message de division (signal mitotique). Les autres -appelés anti-oncogènes ou gènes suppresseurs de tumeur- codent pour des molécules qui vont au contraire bloquer la transmission de ce signal mitotique. La croissance tumorale résulte en grande partie du déséquilibre entre ces deux types d'effecteurs, par inactivation des deux copies chromosomiques d'un gène suppresseur de tumeur, ou par activation d'un oncogène. L'inhibition de la transmission du signal constitue un objectif majeur de la recherche sur les tumeurs cérébrales. On connaît maintenant un bon nombre des altérations génétiques impliquées dans les tumeurs cérébrales. L'enchaînement de ces altérations génétiques est à l'origine de la progression tumorale, certains gènes étant altérés de façon précoce, d'autres intervenant plus tardivement au cours de l'évolution. En outre, les altérations génétiques diffèrent suivant le type de tumeur considérée. L'identification de ces altérations causales dans le processus de tumorigénèse permet d'élaborer des stratégies thérapeutiques ciblées.

Les anomalies génétiques des gliomes
Les voies de progression des gliomes, marquées par la survenue de différentes altérations génétiques- inactivation de gènes suppresseurs de tumeur (identifiés comme p53, p16, ou Pten ou non identifiés mais localisé sur les chromosomes 1p et 19q) ou activation d'oncogènes (comme le R-EGF) permettent une classification moléculaire des gliomes.

Intérêt clinique d'une classification moléculaire des tumeurs cérébrales
Jusqu'à aujourd'hui, le diagnostic de certitude repose sur l'analyse morphologique, en microscopie, d'un fragment de tumeur prélevé lors de l'intervention. Si le diagnostic de tumeur est généralement aisé, l'identification précise du type tumoral (par exemple entre astrocytome et oligodendrogliome) ou de son degré d'évolutivité est souvent beaucoup plus délicat.
Il est maintenant bien établi dans le cas des gliomes (astrocytomes et oligodendrogliomes) que le profil moléculaire (génétique) permet une caractérisation plus précise. En outre celle-ci peut avoir des conséquences cliniques importantes pour les patients car certains profils moléculaires peuvent être prédictifs de réponse au traitement. La meilleure illustration en est la perte des chromosomes 1 (sur le bras court) et 19 (sur le bras long) dans les oligodendrogliomes. Ces pertes de matériel génétique qui suggèrent dans ces régions chromosomiques, l'existence de gènes suppresseurs de tumeurs non encore identifiés, apparaissent prédictives d'une meilleure réponse au traitement et en particulier à la chimiothérapie.
D'autres études de corrélation sont en cours et il est vraisemblable que les données moléculaires feront, dans l'avenir, partie intégrante du diagnostic des tumeurs.

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