GFME 19/02/2013 Retour à la page générale
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Les antiépileptiques enzyme induisant EI-AED et non enzyme induisant non EI-AED


Les extrémités des oligodendrocytes s'enroulent autour des axones des neurones pour former la gaine de myéline. Les oligodendrogliomes provoquent en général des crises d'épilepsie.
Epilepsie et conduite automobile
L'épilepsie et la loi
la loi est claire en ce qui concerne la conduite automobile professionnelle (permis de groupe lourd; C, D et EC). La conduite des camions de transport, des véhicules de transport en commun est interdite aux sujets épileptiques même s'ils sont équilibrés par un traitement. Ceci justifie donc un reclassement professionnel chez les professionnels de la route chez qui apparaît une épilepsie alors qu'ils exercent déjà leur activité professionnelle.
Pour ce qui est de la conduite individuelle (permis du groupe léger : A et B), la loi est plus souple. L'épileptique équilibré peut conduire. La décision appartient à la Commission Départementale du permis de conduire.
Les avis du médecin d'autoriser la conduite sur des petits trajets, en n'étant pas fatigué, en prenant bien son traitement, sans boire d'alcool ne sont pas de sa compétence mais de la seule autorisation de la commission départementale. La conduite en France est soumise à un permis et c'est le préfet qui donne l'autorisation, pas le médecin.
Depakine et hydroxyurée une synergie efficace.
Les HDACis ou inhibiteurs d'histone déacétylase ont démontré leur capacité à moduler le cycle cellulaire, à induire l'apoptose (mort cellulaire) et à sensibiliser les cellules tumorales pour les chimiothérapies. L'acide valproique ou Depakine est un HDACi (VPA) qui combiné avec l'hydroxyurée, une chimiothérapie inhibitrice de la réductase du ribonucléotide (HU) potentialisent l'apoptose dans plusieurs lignées cellulaires de cancer. Cela correspond à la réduction HU-Induite, des inhibiteurs de l'activité kinase cycline-dépendante (CDKI) que sont p21 et p27, qui servent de médiateurs par le protéasome ou par caspase-3. L'activation de caspase-3 est nécessaire pour l'apoptose VPA-Induite. Ce qui a été remarquable c'est que p21 et p27 peuvent conférer la résistance contre VPA et HU. Les deux CDKI réagissent réciproquement avec caspase-3 et rivalisent avec d'autres substrats de caspase-3. Le p21 et le p27 peuvent contribuer à la résistance de la chimiothérapie comme des inhibiteurs de l'apoptose. Les effets biologiques de l'acide valproïque VPA et de l'hydroxyurée HU peuvent être obtenus aux concentrations habituelles utilisées dans les protocoles thérapeutiques actuels. L'application combinée de ces deux traitements peut être considérée comme une stratégie potentielle dans le traitement des cancers. On comprend mieux pourquoi aux Etats-Unis ils ont d'aussi bons résultats avec l'hydroxyurée.
http://gfme.free.fr/info5/actualite224.html


Des modes d'action différents
Il y a différents types d'épilepsies et différents types d'antiépileptiques qui tous tendent à réduire l'excitabilité nerveuse en agissant sur les échanges ioniques (sodium, calcium) transmembranaires des neurones. Il est parfois utile pour une forme d'épilepsie de prendre 2 antiépileptiques à action différente, un inhibiteur de canaux sodiques qui agit tout le long du neurone et un GABA modulateur qui freine à la jonction des neurones.
Les inhibiteurs des canaux sodiques
Classe de médicaments qui inhibent le flux de sodium à travers la membrane des cellules afin de ralentir l'amplitude et la rapidité de la dépolarisation, réduisant l'excitabilité et réduisant la conduction.
- Phénytoïne (Di-Hydan)
- Carbamapézine (Tegretol)
- Valproate de sodium (Depakine)
- Lamotrigine (Lamictal)
- Topiramate (Epitomax)
Les GABA modulateurs, par canal chlorure
1- Les Barbituriques
C'est une famille de puissants sédatifs apparentés au Phénobarbitol utilisés comme anticonvulsiants ou à faible dose comme tranquillisant.
-Phénobarbital ( Gardenal) barbiturique 2à 3mg par kg et par jour, cp de 10, 50, 100 mg
2- Les benzodiazépines
Famille de médicaments aux effets tranquillisants, sédatifs et anticonvulsiants. Favorise la relaxation musculaire et l'endormissement.
-Clonazépam (Rivotril) barbiturique de la famille des benzodiazepines.
-Clobazam (Urbanyl) benzodiazépine, c'est aussi un anxiolytique, Urbanyl 5 gélules de 5mg, Urbanyl 10 et 20, cp sécables de 10 ou 20 mg.
3-Autres
-Valproate de sodium (Dépakine) anticonvulsiant non barbiturique cp de 200 et 500 mg, dose habituelle 20 à 30mg/kg.
-Tiagabine (Gabitril) Antiépileptique qui augmente la production de GABA. Pour épilepsie partielle seulement, en complément aux médicaments classiques lorsqu'ils ne contiennent pas l'épilepsie.
Les comprimés se prennent pendant le repas. Comprimés de 5, 10 ou 15 milligrammes.
-Vigabatrin (Sabril) S'oppose à la dégradation de GABA. 4 à 6 comprimés par jour, cp de 500mg.
-Gabapentine (Neurontin) anti-épileptique apparenté à une substance présente dans le cerveau l'acide Gamma-amino-butyrique (GABA), 900 à 1200 mg/jour, cp de 600, 800mg ou gélules 100, 300, 400mg

2 Les inhibiteurs des canaux calciques
-Ethosuximide (Zarontin)
Antiépileptique non barbituriques, utilisé dans certaines formes d'épilepsie. 2 comprimés au début de 250 mg pouvant être ensuite ramené à 1 si pas de crise.
Antiépilepsie et glioblastome
La prise d'un anti-épileptique est obligatoire avec un glioblastome, même si on n'a jamais eu de crise. C'est une simple précaution, en prévention. Les produits ne manquent pas.
Epilepsie partielle ou généralisée ?
Epilepsie partielle :
C'est 60% des cas, il n'y a pas perte de connaissance.
Dihydan, Tégrétol, Depakine, Sabril, Neurontin, Lamictal, Gabitril, Epitomax, Trileptal, Keppra.
Epilepsie généralisée :
40% des cas avec perte de connaissance.
Dihydan, Tégrétol, Dépakine, Lamictal, Epitomax.
Les effets secondaires possibles

Phénytoïne (Dihydan, Dilantin)
Une pharmacocinétique non linéaire, une marge thérapeutique étroite, un ajustement clinique délicat, des effets cosmétologiques, hypertrophie gingivale, hirsutisme.
Carbamazepine (Tegretol)
Une sensation de malaise général avec lassitude, difficultés de concentration, fréquente en début de traitement, surtout lorsque celui-ci a été instauré trop vite, une éruption érythémateuse survient dans 5 à 10 % des cas qui impose l'arrêt du traitement.
Valproate (Depakine)
Une prise de poids par effet orexygène, un tremblement d'attitude dose-dépendant? une alopécie inconstante et réversible, des hépatopathies graves exceptionnelles dont le diagnostic précoce est possible (troubles digestifs, recrudescence des crises), taux élevé de polykystose ovarienne et d'hyperandrogénisme chez les femmes avant 20 ans.
Les anciens médicaments et les nouveaux médicaments
Les anciens sont :
-Phénobarbital (Gardenal, Kaneuron, Aparoxal, Alepsal) épilepsie généralisée
-Phénytoïnes (Dihydan) épilepsie généralisée ou partielle
-Ethosuccimide (Zarontin) épilepsie-absence,
-Carbamazépine (Tégrétol) épilepsie partielle ou généralisée,
-Valproate de Sodium (Dépakine) épilepsie généralisée ou partielle,
Et les nouveaux :
-Vigabatrin (Sabril) (2 à 4 g) Epilepsie partielle,
-Gabapentine (Neurontin) (1200 à 2400 mg) Epilepsie partielle
-Lamotrigine (Lamictal) (100 à 200 mg) Epilepsie généralisée ou partielle frontale
-Tiagabine (Gabitril) (30 à 50 mg) Epilepsie partielle
-Topiramate (Epitomax) (200 à 600 mg) Epilepsie partielle ou généralisée
-Oxcarbazépine (Trileptal) anticonvulsiant non barbiturique (600 à 2400 mg) suspension buvable ou comprimés de 150, 300, 600mg Epilepsie partielle
-Lévétiracétam (Keppra) (1000 à 3000 mg) Epilepsie partielle.
Traitement
On peut commencer par un traitement avec un antiépileptique majeur pour l'épilepsie généralisée, Depakine, Tegretol, Dihidan, Dilantin, Gardénal, Lamictal, Epitomax, et en l'absence de crise passer à un traitement pour épilepsie partielle ou d'appoint, Sabril, Neurontin, Gabitril, Keppra, Trileptal
Préférez les nouveaux aux anciens, ils ont moins d'effets secondaires.

Pour de plus amples informations

Lévétiracetam ou Keppra antiépileptique spécial tumeur
Seul ou en association, ce nouveau médicament autorisé depuis 2001 a permis de réduire ou supprimer les épilepsies réfractaires classiques. Médicament de seconde génération, il n'interfère pas avec la chimiothérapie. Existe en 250 ou 500 mg.

Des crises d’épilepsie sont observées chez 50% des patients avec tumeur de cerveau. Les antiépileptiques sont souvent inadéquats en raison des récepteurs glutaminergiques NMDA endommagés ou altérés. Lévétiracetam (LEV) ou Keppra est un nouvel antiépileptique AMM de 2001 avec un mécanisme d’action différent des autres, la réduction de Ca(++). Avec ce mode d’action, Lévétiracetam est spécifique pour contrôler l’épilepsie induite par la tumeur. Sur 41 patients dont 7 avec métastases, LEV a été donné en monothérapie à 8 et en bithérapie aux 33 autres. Avec une dose moyenne de1500 mg/jour la fréquence moyenne du groupe qui était d’une crise par semaine avant le traitement a été ramené à zéro. On considère que la réduction a été de 90%. Effet secondaire de somnolence toutefois.
Talampanel un anti tumeur et un anti-épileptique
Talampanel est un antagoniste hautement sélectif du récepteur de l'enzyme AMPA (alpha-amino-3-hydroxy-5-methyl-4-isoxazolepropionic acid). Le glutamate est le neurotransmetteur excitatoire du cerveau. Les récepteurs de glutamate sont divisés en 2 sous-types, les NMDA (Nmethyl-D-aspartate) et les AMPA (acide d'alpha-amino-3-hydroxy-5-methyl-4-isoxazolepropionic). Tout récemment, on a découvert que les gliomes ont des récepteurs de glutamate AMPA qui contribuent à la prolifération, à la migration, et à la neurotoxicité des gliomes malins. L'inhibition de la signalisation du glutamate a été montrée pour empêcher la croissance et l'invasion des gliomes dans les modèles précliniques. Talampanel est le prototype d'inhibiteurs efficaces de récepteur AMPA, et a déjà démontré une activité significative d'antiépileptique et une excellente tolérabilité dans des études cliniques de l'épilepsie. Talampanel est en phase II comme nouvelle thérapie d'anti-gliomes. Au moins avec lui, plus besoin d'anti-épileptiques. C'est comme Temodal, une chimiothérapie orale plus facile à prendre.
Les antiépileptiques à éviter avec la chimiothérapie et les traitements ciblés
Les anti-épileptiques Enzyme-induisant (EI-AED) ne sont généralement pas recommandés dans les tumeurs de cerveau parce qu'ils peuvent entrainer des niveaux insuffisants de sérum des médicaments de chimiothérapie simultanément administrés.
Dans certains essais cliniques, des patients peuvent être déplacés sur des antiépileptiques Non-EI-AED. Certains traitements comme la chimiothérapie avec CPT-11 (Iritonecan, Campto) en monothérapie toutes les 3 semaines ont des dosages doubles 340 mg/m2 pour les non EI-AED et 600mg/m2 pour les EI-AED.
Beaucoup d'autre médicaments ont des dosages différents.
Liste des anti-épileptiques EI-AED à éviter :
Di-hydan
Dilantin
Carbamazepine-Tegretol
Oxcarbazepine-Trileptal
Phénitoïne
Phénobarbital
Primidone
Liste des anti-épileptiques non EI-AED à recommander :
Neurontin-Gapapentin,
Depakine-acide Valproique,
Levetiracetam-Keppra,
Tiagabine,
Clonazepam,
Topiramate
Depakine, une survie améliorée de plusieurs mois avec la radio-chimiothérapie de Temodal
C'est la nouvelle la plus intéressante de l'essai EORTC radio-chimiothérapie versus radiothérapie seule chez 587 malades nouvellement diagnostiqués avec glioblastome.
Article original de American academy of neurology ou publication Science Daily
La recherche suggère que les malades avec une tumeur de cerveau qui prennent un anti-épileptique à base d'acide valproique (Depakine) en plus du traitement standard de radio-chimiothérapie de Temodal peuvent vivre plusieurs mois plus longtemps que les autres malades qui prennent d'autres anti-épileptiques. Cette recherche est publiée le 31 août 2011 dans le journal médical de l'Académie américaine de Neurologie. Dans cette étude, les chercheurs ont analysé l'utilisation des médicaments anti-épileptiques chez 587 malades avec tumeur du cerveau inscrits dans l'essai EORTC 26981-22981 effectué par l'Institut National du Cancer canadien. Cet essai concerne la radio-chimiothérapie de Temodal ou la radiothérapie seule pour malades nouvellement diagnostiqués. Cette découverte impose que l'on inclut les anti-épileptiques dans la prise en charge globale de la thérapie. On avait déjà noté une synergie avec la chimiothérapie de Hydroxyurée. On comprend mieux, maintenant, pourquoi les américains ne prennent que Depakine.

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