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Un
virus du froid modifié, le Delta-24-RGD-4C dévore les glioblastomes
Des virus
du froid génétiquement modifiés terriblement efficaces
sur des glioblastomes de souris.
WASHINGTON
6 Mai 2003 Les scientifiques ont génétiquement modifié
un virus commun de froid de sorte qu'il puisse détruire le type
le plus mortel de tumeur de cerveau tout en ne nuisant pas au tissu sain
voisin.
L'expérience
a tellement bien fonctionné chez les souris que les chercheurs
espèrent commencer l'étude sur les glioblastomes chez l'homme,
l'année prochaine au plus tard.
Les scientifiques ont implanté des glioblastomes humains à
l'intérieur des cerveaux de souris, puis ont injecté le
virus expérimental directement dans les tumeurs. Les souris non
traitées sont mortes en 19 jours, mais 60% des souris traitées
avec delta-24-rgd-4c étaient vivantes et prospérantes après
quatre mois.
L es scientifiques ont alors euthanasié les souris survivantes
pour voir ce qui s'éatit produit l'intérieur de leurs cerveaux
et ont trouvé des cavités vides à l'emplacement des
tumeurs.
"Chacun ici est très excité par cette découverte
parce que nous n'avons jamais vu de tels résultats se produire
avec les souris" indique le Dr. Frederick Lang, chercheur et neurochirurgien
au centre de Cancer du M.d. Anderson de Houston.
Il a toutefois précisé que ces résultats spectaculaires
n'assurent pas que les virus travailleront aussi bien chez les hommes.
Les scientifiques ont trouvé des thérapies chez les souris
qui ont ensuite échoué chez les patients.
"C’est une étude intéressante," a dit le
Dr. Len Lichtenfeld de la société américaine de Cancer.
Mais il a signalé à l'attention du Dr Lang, que les virus
génétiquement modifiés pourraient être très
toxiques d'utilisation chez l'homme.
"Nous devons être très, très soigneux" et
bien étudier le traitement expérimental, précise
le Dr Lichtenfeld car ajoute-t-il "il y a trop de situations où
les médecins, les patients et les familles ont obtenu des nouvelles
très prometteuses au sujet de médicaments qui se sont ensuite
avérés inefficaces et nous devons éviter cela."
L'institut national de Cancer américain, très enthousiaste
sur ces résultats attribue 1 million de dollars pour commencer
les essais cliniques chez l'homme à partir de ce virus. Le Docteur
Lang espère commencer à inscrire des patients atteints de
glioblastome pour des essais cliniques dès l'hiver 2004.
Le virus devrait viser également d'autres tumeurs pleines, a-t-il
ajouté.
"S'il y a aujourd'hui une maladie qui a besoin d'une approche rapide,
c'est bien le Glioblastome" ajoute le Docteur Lang, qui rapporte
ces résultats cette semaine auprès de l'institut national
de Cancer américain.
Les Glioblastomes sont les tumeurs primaires de cerveau les plus commune
chez les adultes, frappant environ 7.000 Américains par année,
et c'est le plus mortel. La survie est aujourd'hui seulement d'une année,
un taux bien faible qui n'a pas changé depuis des décennies
en dépit des améliorations des traitements de chirurgie,
de rayonnement et de chimiothérapie.
Comment fonctionne l'adénovirus modifié
pour s'attaquer efficacement aux tumeurs ?
Avant que le système immunitaire ne détecte et élimine
un virus, l'adénovirus pénètre et infecte la cellule
pour se reproduire, tuant aussi la cellule dans ce processus.
La modification génétique doit faire que l'adénovirus
ne s'attaque qu'aux cellules tumorales et non au tissu sain, c'est d'ailleurs
ce que les scientifiques essayent de faire, mais sans grand succès,
depuis 10 ans.
La dernière tentative emploie une approche différente.
Dans les cellules normales, le retinoblastome, ou Rb, bloque le virus
envahissant et l'empêche de se reproduire. La protéine de
Rb peut également bloquer la division non contrôlée
des cellules tumorales. Les tumeurs pleines manquent alors de Rb pour
se développer.
L'adénovirus contient un gène qui neutralise le Rb. Le Dr.
Juan Fueyo de M.d. Anderson a donc changé ce gène, permettant
ainsi au virus d'infecter les seules cellules tumorales Rb déficientes.
Cependant, ce virus modifié n'avait qu'une faible efficacité.
La nouveauté a été un autre changement génétique
pour que l'adénovirus s'accroche aux cellules tumorales en se liant
cette fois aux molécules appelées les integrines qui sont
communes à la surface des cellules de cancer. Et là ça
a été très efficace.
Le virus résultant de ces deux mutations, le "Delta-24-RGD
doublé" a balayé les tumeurs de cerveau de souris comme
une vague, laissant les cellules mortes de cancer dans son sillage.
La grande question désormais est de savoir si les systèmes
immunitaires de l'homme n'attaqueront pas le virus modifié avant
qu'il ne pénètre les cellules tumorales. Le virus devrait
donc être injecté directement dans la tumeur afin de retarder
ou d'éviter la réaction immunitaire normale.
"Cela va être une course," ajoute le Docteur Lang. Mais
"Nos études suggèrent qu'il y a une certaine fenêtre
de temps entre l'action du système immunitaire et celle du virus".
Journal de
l'institut national de Cancer, Copyright 2003 La Pression Associée.
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